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Hypoglycémie au SAU

Dr Guillaume Assié (Endocrinologie Cochin), Dr Stéphanie André et Jean-Christophe Allo (SAU Cochin)

Auteur(s): SAU Cochin - Hôtel Dieu 12 avril 2011 - Urgences-Serveur

1) Messages importants :

- Une mesure de la glycémie veineuse < à 0.55g/l est le critère souvent retenu pour répondre à la définition d’une hypoglycémie. Cependant :

  • des sujets peuvent avoir ce niveau de glycémie et être asymptomatiques
  • des artéfacts de mesures existent du fait de la présence d’une hémolyse

- La mesure de la glycémie par la mesure de la glycémie capillaire (HGT) a montré sa fiabilité :

  • pour le contrôle de la glycémie et donc de l’adaptation du traitement par insuline chez un patient diabétique stable (la fiabilité de son utilisation en dehors de cette indication peut-être mise en défaut)
  • pour des glycémies entre 0.70 et 3 à 4 g/l (une nettement moins bonne fiabilité est relevée en dehors de cette fourchette)

- La mesure de la glycémie veineuse est nécessaire en cas de discordance entre l’existence ou non de signes cliniques évocateurs d’une hypoglycémie et la mesure ou non d’une hypoglycémie sur l’HGT.

2) Conséquences physiopathologiques :

3) Signes cliniques :

De nombreux signes cliniques peuvent précéder l’installation d’un coma :

4) IAO :

- Tri 1 ou 2

- Un resucrage sans l’accord d’un médecin sénior et sans la réalisation d’une mesure de la glycémie veineuse doit être effectuée dès l’IAO chez le patient diabétique se présentant pour une hypoglycémie symptomatique confirmée sur l’HGT.
Dans les autres cas une installation en Box avec mesure de la glycémie veineuse avant ressucrage est à discutée avec le médecin sénior.
- 2 Ampoules de G30% per os ou IV selon l’existence ou non de trouble de conscience avec contrôle de l’HGT

5) Etiologies :

Dans le cas rare d’une hypoglycémie sévère sans cause évidente la mesure de la glycémie veineuse sera utilement complété par un dosage au même moment de l’insulinémie et du peptide C (tube sec, debout à 4 °C).

- Hypoglycémie " organique " :

  • insulinome
  • autoimmune
  • chez nouveau-né et enfant : hyperplasie des cellules b

- Hypoglycémies secondaires médicamenteuses :

  • insuline (en cas de jeune, d’erreur de dose, d’injection sanguine notamment)
  • certains ADO (en cas d’insuffisance rénale chez le patient âgée notamment) :
    • sulfamides (Daonil ®, Diamicron ®, Amarel®)
    • glinides (Novonorm ®)
  • quinine IV
  • rarement, penser aux hypoglycémies induites par la prise cachée d’insuline ou de sulfamides

- Hypoglycémies secondaires autres que médicamenteuses (surtout par association de ces causes, chacune étant " mineure ") :

  • intoxication alcoolique aigue
  • insuffisance hépatocellulaire sévère
  • insuffisance surrénale aigue
  • insuffisance corticotrope/panhypopituitarisme
  • dénutrition
  • jeûne prolongé

- Hypoglycémies fonctionnelles :

  • caractérisée par l’apparition de signes adrénergiques sans signe de neuroglycopénie, 2 à 4 heures après la prise d’un repas
    • gastrectomie/gastroplastie, vagotomie
    • " sensibilité exagérée à l’insuline " dont l’existence est encore discutée (faire une épreuve de jeûne)

6) Traitement :

- Devant les troubles de la conscience, le resucrage per os est contre indiqué

- Serum glucosé hypertonique (G 30 % ou G 10%) par voie orale, IV ou s/cut

  • exemple ampoules de G30% 10 à 20 ml, renouvelables si besoin au bout de quelques minutes

- Dans tous les cas, l’apport de glucides doit être poursuivi par voie orale dès la reprise de la conscience (collation mixte, type 50 g de pain + fromage, ou fruits + yaourt, ou repas si l’heure est proche)

7) Devenir du patient :

- En cas d’insulinothérapie il est utile quand cela est possible de prendre l’avis d’un diabétologue. Dans tous les cas il est nécessaire de conseiller au patient une consultation rapide avec son endocrinologue traitant

- En cas de traitement par sulfamides hypoglycémiants, une hospitalisation de quelques heures à quelques jours (selon la demi-vie du sulfamide en cause) pour perfusion de glucosé à 10 % avec surveillance régulière des glycémies capillaires, en plus de l’alimentation habituelle est en règle indiquée

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