Actualités d’avril 2022

 mardi 3 mai 2022  |  il y a 2 semaines  |  0 Commentaires
   Dr Michel NAHON

Les élections présidentielles, facteur de risque d’infarctus du myocarde !

Association of the 2020 US Presidential Election With Hospitalizations for Acute Cardiovascular Conditions, JAMA, 20 avril 2022

Les élections présidentielles peuvent être nocives pour les coronaires, suggère cette étude qui a montré une hausse substantielle des admissions pour maladie cardiovasculaire aiguë (MCVA) immédiatement après l’élection présidentielle américaine de 2020. L’analyse de près de 6,4 millions d’adultes a montré que le taux d’hospitalisation pour MCVA était 17 % plus élevé dans les 5 jours suivant l’élection que dans une période de 5 jours 2 semaines plus tôt.
Les auteurs ont comparé les hospitalisations dues à des MCVA dans les hôpitaux de Californie du Sud et du Nord au cours de la fenêtre de risque de 5 jours, du 4 au 8 novembre 2020, avec la fenêtre de contrôle du 21 au 25 octobre 2020. Il y a eu 666 hospitalisations dues à des MCVA (760,47 par 100 000 personnes-années) dans la fenêtre à risque, contre 569 (647,97 par 100 000 personnes-années) dans la fenêtre témoin (RR 1,17 ; IC à 95 %, 1,05 - 1,31). Il y a également eu beaucoup plus d’hospitalisations pour infarctus aigu du myocarde (IDMA) immédiatement après l’élection qu’avant (179 contre 126 hospitalisations pour IDMA ; 204,4 contre 143,5 pour 100 000 AP ; RR, 1,42 ; IC à 95 %, 1,13 - 1,79). Le taux d’IDMA était supérieur de 42 %, sans différence significative pour les hospitalisations pour insuffisance cardiaque ou accident vasculaire cérébral. Il n’y avait pas de différence significative entre les périodes à risque et les périodes témoins pour les hospitalisations dues à un accident vasculaire cérébral ou à une insuffisance cardiaque. L’étude suggère également des taux plus élevés de MCVA après l’élection chez les adultes plus âgés, les hommes et les personnes de race blanche. L’affiliation politique n’a pas été examinée dans l’étude. Ces résultats suggèrent qu’il est nécessaire de prendre conscience du risque accru de MCVA et d’élaborer des stratégies pour atténuer ce risque lors d’événements politiques importants !

Association of the 2020 US Presidential Election With Hospitalizations for Acute Cardiovascular Conditions
JAMA Netw Open. 2022 ;5(4):e228031. doi:10.1001/jamanetworkopen.2022.8031

Rupture du tendon d’Achille : chirurgie ou traitement non invasif ?

Nonoperative or Surgical Treatment of Acute Achilles’ Tendon Rupture, NEJM, 14 avril 2022

D’après les études précédentes, parmi lesquelles une méta analyse du BMJ en 2019, les résultats sont comparables après un traitement non chirurgical ou chirurgical des ruptures aiguës du tendon d’Achille. Les auteurs ont recruté 526 patients âgés de 18 à 60 ans qui ont présenté une rupture du tendon d’Achille dans quatre hôpitaux Norvégiens entre février 2013 et mai 2018. 554 patients ont été répartis au hasard pour subir une réparation ouverte, une chirurgie mini-invasive ou un traitement non opératoire. Le principal critère d’évaluation était la variation, entre le début de l’étude et 12 mois, du score de rupture totale du tendon d’Achille (SRTTA), évaluation rapportée en 10 questions par le patient. Les caractéristiques de base étaient similaires dans les trois groupes. L’âge moyen des patients était de 39 ans, et environ trois quarts étaient des hommes. Tous les patients ont suivi un protocole de rééducation standard. A 12 mois, la variation du SRTTA par rapport au début de l’étude était similaire dans les trois groupes : -17,0 dans le groupe non opéré, -16,0 dans le groupe avec réparation ouverte et -14,7 dans le groupe avec chirurgie mini-invasive. Un total de 11 récidives de rupture est constaté dans le groupe non opéré ; 1 dans le groupe des réparations minimales invasives et 1 dans celui des réparations ouvertes. Aucun patient n’a connu plus d’une récidive rupture, et 50% des cas sont survenus dans les 10 premières semaines. Les lésions nerveuses étaient nettement moins fréquentes : 1 cas dans le groupe non opéré, 9 dans le groupe de chirurgie mini-invasive et 5 dans le groupe de réparation ouverte. Dans l’ensemble, l’incidence des autres événements indésirables était similaire dans les groupes. Les résultats suggèrent que ni la réparation ouverte ni la chirurgie mini-invasive n’ont donné des résultats supérieurs aux procédures non opératoires à 12 mois.

Nonoperative or Surgical Treatment of Acute Achilles’ Tendon Rupture
N Engl J Med 2022 ; 386:1409-1420
DOI : 10.1056/NEJMoa2108447

Le Canadian Syncope Risk Score (CSRS) validé pour identifier parmi les patients victimes de syncope ceux à faible risque de survenue de complication

International Validation of the Canadian Syncope Risk Score, AIM, 26 avril 2022

La plupart des syncopes sont habituellement bénignes, hormis celles d’origine cardiaque qui peuvent engager le pronostic vital. Aux urgences, il est souvent difficile d’identifier parmi les victimes de syncope, les patients à faible risque de ceux à haut risque. En l’absence d’une stratification précise du risque, 80 % des patients sont ainsi hospitalisés, avec des coûts associés très élevés. Les auteurs ont développé le CSRS pour prédire un ensemble d’événements cliniques et procéduraux graves à 30 jours. Une première étude menée au Canada avait montré une bonne valeur pronostique du CSRS, alors que d’autres études de validation n’ont révélé qu’une performance modérée. Dans ce contexte, les auteurs ont procédé à une évaluation internationale du CSRS dans 14 services d’urgence de 8 pays. Ils ont comparé le CSRS au score de l’Osservatorio Epidemiologico della Sincope nel Lazio (OESIL), score validé, chez 2 283 patients des urgences (âge moyen, 68 ans) vus aux urgences pour syncope. A 30 jours, des événements cliniques et procéduraux graves (critère composite primaire) sont survenus chez 7,2% des patients et le critère composite excluant les interventions procédurales (critère secondaire) est survenu chez 3,1% des patients. La performance pronostique du CSRS était bonne pour les deux résultats composites à 30 jours, et meilleure que celle du score OESIL (aire sous la courbe (ASC) à 0,85 contre 0,74 et ASC 0,80 contre 0,69, respectivement). En appliquant le CSRS, 60,8 % des patients ont été triés dans le groupe à très faible risque, chez qui une hospitalisation n’est souvent pas nécessaire. Dans ce dernier sous groupe, moins de 1 % ont eu des complications cliniques à 30 jours.
Il est important de noter que bien que le CSRS ait été significativement plus performant que le score OESIL pour prédire les complications à 30 jours, la performance du CSRS était principalement déterminée par la classification de la syncope : cardiaque, vasovagale ou autre. De plus, un modèle simplifié basé uniquement sur cette variable de classification de la syncope a obtenu une discrimination similaire à celle du CSRS, la valeur complémentaire du SCRS est probablement marginale...

Multicenter Emergency Department Validation of the Canadian Syncope Risk Score
JAMA Intern Med. 2020 ;180(5):737-744. doi:10.1001/jamainternmed.2020.0288 Published online March 23, 2020.

Les blessures par armes à feu sont dorénavant la première cause de mortalité infantile aux USA !

Current Causes of Death in Children and Adolescents in the United States, NEJM, 20 avril 2022

En 2020 aux USA, les armes à feu sont à l’origine de plus de 45 000 décès dans tous les groupes d’âge, ce qui constitue un record aux USA. Selon les auteurs, les armes à feu étaient la deuxième cause de décès en 2016 chez les enfants âgés de 1 à 19 ans. Mais les fortes hausses de décès depuis lors, en particulier en 2020 au début de la pandémie de COVID-19 qui a connu des ventes record d’armes à feu, ont fait passer le nombre de décès au-dessus de toutes les autres causes chez les Américains de cette tranche d’âge. Ces décès représentent plus de 15 décès pour 100 000 enfants en 2020 pour 12 décès de ce type en 2019. L’homicide était la principale cause de décès par arme à feu, suivi du suicide puis des tirs accidentels. Plus de 4,6 millions d’enfants américains vivent dans des foyers où les armes à feu ne sont pas sécurisées. Sans interdire les armes à feu aux USA, le stockage en toute sécurité les armes à feu non chargées, verrouillées et séparées des munitions sont des actions simples qui permettrait de réduire ce nombre invraisemblable de décès. Certains auteurs recommandent l’utilisation d’armes à reconnaissance biométrique limitant l’usage au seul propriétaire...

Current Causes of Death in Children and Adolescents in the United States
DOI : 10.1056/NEJMc2201761

Un nouveau test sanguin pour identifier, au deuxième trimestre, les grossesses à risque d’accouchement prématuré spontané ...

Predictive RNA profiles for early and very early spontaneous preterm Birth, AJOG, 6 avril 2022

À l’heure actuelle, le meilleur prédicteur d’accouchement prématuré spontané (APS) est la notion d’APS antérieure. Bien que la longueur du col de l’utérus et la détection de fibronectine fœtale dans le liquide cervicovaginal soient "utiles", ils ne sont pas formellement recommandés par l’American College of Obstetricians and Gynecologists ou la Society for Maternal-Fetal Medicine pour prédire le risque de survenue d’APS. Afin d’identifier des biomarqueurs pertinents, les chercheurs ont comparé les profils d’ARN qui étaient exprimés de manière différentielle dans trois types de cas : naissance à terme, APS précoce et APS très précoce. Ainsi des échantillons de sang du deuxième trimestre ont été prélevés chez 242 femmes ; 194 ont accouché à terme. Parmi les 48 femmes restantes qui ont accouché spontanément avant 35 semaines de gestation, 32 ont accouché entre 25 et 35 semaines (APS précoce), tandis que 16 ont accouché avant 25 semaines de gestation (APS très précoce). Ont été identifiés 25 gènes distincts significativement associés à l’APS précoce (sensibilité de 76%, spécificité de 72% ; aire sous la courbe, 0,80 ; IC à 95%, 0,72-0,87). L’APS très précoce était associée à un ensemble de 39 gènes (sensibilité de 64%, spécificité de 80% ; aire sous la courbe = 0.76 ; IC à 95%, 0.63-0.87). Les gènes prédisant la prématurité précoce sont en grande partie responsables de la dégradation et du remodelage de la matrice extracellulaire, ce qui pourrait refléter les processus associés au raccourcissement du col de l’utérus, caractéristique souvent détectée quelques semaines avant l’APS précoce… Il est cependant important de noter que l’étude a exclu les prééclampsies (2% des grossesses en France et responsable de 33% des naissances de grands prématurés) et que la spécificité de 80% sera associée à de faux positifs...

Predictive RNA profiles for early and very early spontaneous preterm birth
https://doi.org/10.1016/j.ajog.2022.04.002
American Journal of Obstetrics and Gynecology

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